Un instant

Un instant
J'arrive un peu perdue, déboussolée
Je n'arrive pas à croire qu'enfin ça y est
Je vais les voir, les rencontrer
Eux, dont la musique me fait tant rêver...
Après de longues heures d'attente, je sens qu'ils vont arriver
Ils sont là, pas loin, juste là, prêts
La foule commence à tanguer
L'atmosphère devient plus survoltée
C'est pour bientôt, je le sais...
Et puis ils montent un à un sur la scène calmement
Presque sans faire de bruit, petites silhouettes dociles
Ils semblent moins grands, différents
Plus accessibles, plus normaux, voire fragiles
L'un prend sa guitare, l'autre sa basse
Le dernier s'installe à sa batterie l'air serein
Instant de curiosité entre le public et ceux d'en face
Puis les premières notes, premiers accords retentissent soudain
Et la voix s'élance, formidable, incroyable, évanescente
J'oublie tout, le temps, les gens, le lieu
Il n'y a plus qu'une seule chose qui compte : eux
Et leur musique qui fait tordre mon âme, qui bouleverse mes sens
Je ne fais plus qu'un avec la foule, un seul corps
Partageant la même communion
Et l'on boit, et l'on mange littéralement encore, encore et encore
Tout ce qu'ils nous offrent au fil des chansons
Et voilà que c'est déjà fini
Je crie, je hurle, j'applaudis
Je m'éloigne du lieu, magnifiée
Le coeur, le corps, la tête dans la nuit argentée
Et je chante à la Lune mon espoir
De ré-atteindre un jour de tels sommets
Et je ne remercierais jamais assez
Silverchair pour m'avoir
L'espace d'un soir
Tant donné.
juin 2001 (poème rétroactif)
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